La Reine boit ! (bis)

Vendredi: Entièrement en français !

La Reine boit ! (bis)

lah renn BWAH! (beess)  Cliquez ci-dessous pour écouter cette phrase. 

The queen is drinking!

Hier j’ai expliqué l’origine de cette phrase, qui est profondément enchâssée dans la culture française. Et je vous ai promis un saga de dramaturge français et de la faillite dramatique (le jeu de mots est voulu) d’un de ses pièces. Vous êtes prêts ?

François-Marie Arouet, mieux connu sous son nom de plume Voltaire, était le dramaturge. En 1724, il a présenté une nouvelle pièce appelée Mariamne, qui raconte l’histoire du roi Hérode (oui, celui-là même) et de sa reine, Mariamne.

Malheureusement pour elle, Mariamne meurt en buvant une coupe de poison. Et malheureusement pour Voltaire, l’auditoire (spécifiquement: le parterre, ce qui veut dire the pit (les places debout, très bon marché) devenait de plus en plus impatient avec la pièce, pour diverses raisons.

Donc un des spectateurs décide de crier–au moment crucial où Mariamne lève le verre de poison à ses lèvres–“La reine boit !” Et le parterre se fond en rires et en huées. La pièce se termine (on était déjà au cinquième Acte), mais Voltaire la retire sur le champ du répertoire, et Mariamne n’a plus jamais été joué.

Pensez donc : la tradition veut que tous ceux qui fêtent les Trois Rois boivent au moment où le roi, ou la reine, boira dans son verre. Dans la pièce, la reine Mariamne est sur le point de boire le poison. Si tous les acteurs faisaient de même, ils boiraient tous du poison–un résultat qui ne saurait pas avoir été loin des idées des spectateurs exaspérés par cette pièce. Il n’est guère étonnant que le cri perturbateur mais dardé d’un spectateur ait provoqué la foule.

Vous pouvez lire un compte-rendu de ce moment intrigant de l’histoire littéraire et politique dans un livre d’un certain Jeffrey S. Ravel, The Contested Parterre: Public Theater and French Political Culture, 1680-1791. Vous en trouverez des extraits pertinents à ce lien. L’exposition du sujet débute à la page 128.

Amusez-vous bien, c’est fascinant !

6 responses to “La Reine boit ! (bis)

  1. As always, a very interesting post.
    Can I ask you about a phrase you have used in this piece? You write “un résultat qui ne saurait pas avoir été loin des idées des spectateurs”, and I am having a bit of trouble understanding the phrase. My literal translation is “a result that would not know to have been far from …” which does not make sense to my English structured brain. I have also found “Bon sang ne saurait mentir”, which also confuses me, as it seems that the “pas” is missing.
    Can you cast any light?

    • I can, Peter, and thank you for the question! First off, it helps to keep in mind that “savoir” means not only “to know” but also “to know HOW”. Via that bridge, it is also sometimes used to mean “can” or “could”, depending of course on the form of the verb. So the phrase you quoted means “a result that could not have been very far from the spectators’ minds”. In other words, “would not have known how to be very far from”. Does it make more sense now? It’s actually the same way “I can swim” and “I know how to swim” are both satisfactory translations of “Je sais nager.” As for your other phrase, with “savoir”, it is not uncommon to omit the “pas” in negative expressions, who knows why. So that phrase means “good blood doesn’t lie”. Feel free to ask again, any time you are perplexed!

  2. Thanks rch! I get the first phrase (I think).
    I have often left out the “ne” but never the “pas”, as I thought that the “ne” on its own was an indication of the sobjonctif – which is well beyond my pay grade.
    Now that I know that they drop the “pas” as well as the “ne”, all I can say is – Ils sont fous ces Gallois!

    • Well, yes, that can happen too–“ne” without “pas” accompanies the subjunctive. They even have a name for it: that is the “pleonastic ne”. (Aren’t you sorry now you brought that up?)

      Using “ne” without “pas” and using “saurait” for “pourrait” are both kind of stuffy. Not the sort of thing you say in everyday conversation. That’s a relief, isn’t it?

      And…I love your comment at the end, but…I think you meant “ces Gaulois”! That would be the Gauls. “Les Gallois” are the Welsh… :-)

      Thanks for asking, Peter!

      –Ruth

  3. Merci Ruth. Vous avez raison – c’était les Gaulois qui ne sauraient pas avoir été loin de mes idées, bien que les Gallois ne sussent être encore plus fous que les Gaulois.

    • Ah ha ha ! Attention, Peter : si le subjonctif est “above your pay grade,” on va être obligé de vous faire une hausse de salaire !

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